https://lescritiquesdupetitcameleon.wordpress.com/2017/04/09/anthologie-sombres-felins-editions-luciferines/

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— Toi, à sourire comme ça, soit c’est le printemps, soit t’as une bonne nouvelle à m’annoncer, s’amuse Daria. C’est Fist dans l’espace ? Tu l’as enfin fini ?
— Ouais !
— Super ! Je vais enfin pouvoir le lire. Cinq ans que tu me parles de tes poulpes qui s’enfilent pour ne pas se faire la guerre, je suis curieuse de voir ce que ça donne.
— (Sortant une enveloppe brune de son sac à main.) C’est que… Je l’ai imprimé pour le déposer chez Alain Michel, cette après-midi…
— Et tu ne me l’as pas montré avant ? Ah, elle est belle, l’amitié ! la taquine Daria. T’as fermé l’enveloppe ?
— Pas encore, je dois relire ma lettre d’accompagnement une dernière fois, histoire d’être rassurée.
— Je peux voir ?
— Tiens.
— (Sortant le manuscrit, puis l’ouvrant : ) Hm… Hm… « Il m’a rentrer », « comme sa, s a »… Punaise, mais fais gaffe, merde !
— Bah quoi ?
— Une faute toutes les trois lignes, t’abuses !
— On s’en fiche un peu des fautes, non ? Du moment qu’il n’y en a pas dans le bouquin final…
— À ce point-là, ton manuscrit ira direct à la poubelle. Tu te prétends écrivain ? Commence déjà par te comporter comme telle.
— Mais les corrections, c’est le boulot de l’éditeur, pas le mien. Moi, j’écris.
— (Éclate de rire.) Non mais attends. Tu confonds correcteur et correcteur orthographique. C’est pas pareil.
—…
— Le correcteur est là pour vérifier l’exactitude de tes infos, la syntaxe, ce genre de trucs. Les fautes, ça vient en dernier, c’est juste un détail. C’est pas le cœur du job.
— Je vois.
— T’en as imprimé combien ?
— Juste celui-là, pour commencer.
— Alors, tu n’auras pas trop perdu de fric. On va se relire tout ça, parce que du peu que j’ai vu, c’est un poil bancal, aussi. Puis, tu me passeras tout ça au correcteur orthographique, y’a des logiciels gratuits sur le Net. Tu dragueras Alain après !

Image  —  Publié: 9 mai 2017 dans Humeur du jour

Image  —  Publié: 2 mai 2017 dans Humeur du jour

A l’occasion de la période d’anniversaire de Sombres Félins, je fais un petit retour sur ce recueil que j’ai beaucoup apprécié (et pas seulement parce que j’aime les chats).

D’abord, un mot sur la couverture que j’adore (et qui, je dois l’avouer, est en partie responsable de ma décision d’acheter le livre ^^’). Et maintenant, les commentaires sur quelques nouvelles que j’ai bien aimées, dans l’ordre où je les ai lues :

Meow, nouvelle de Aaron Judas, raconte l’histoire d’un junkie qui s’est essayé à toutes les drogues possibles… sauf Meow, la nouvelle poudre qui fait fureur et change dangereusement le comportement et même le physique de ses consomateurs. Une écriture poétique et violente qui colle parfaitement avec le thème. Entre Choc (Tombé les voiles) et cette histoire, je ne sais laquelle j’ai le plus aimé ; ce sont deux styles de narration très différents. J’ai particulièrement aimé le personnage de Star, la petite chatte que le personnage principal voit comme un soutien émotionnel, une planche de salut dans la mer trouble et agitée de sa vie.

Peau de chat, de Noémie Wiorek, conte l’histoire d’un taxidermiste qui sombre peu à peu après avoir reçu une commande d’un genre particulier… Le texte présente une langue chatiée (désolée, il fallait que je fasse le jeu de mots) aux accents vieillis que j’ai beaucoup apprécié. On entend presque le son du clavecin en fond musical, bientôt remplacé par une liqueur sombre qui recouvre le tout d’une noirceur terriblement exquise. J’ai aimé la référence au Chat noir d’Edgar Poe (nouvelle qui m’a fait découvrir cet auteur). Par ailleurs, je compte bientôt aborder la thématique de la taxidermie et j’ai ici une sérieuse concurrente !

Caprices de Florence Barrier constitue une belle entrée en matière, d’abord avec une touche d’humour tournant vite au cauchemar. Le narrateur achète à l’insu de son plein gré une toile aux enchères. Et, comme vous vous en doutez, c’est le début des ennuis. Un agréable rappel de nouvelles fantastiques où il se passe des choses étranges avec les tableaux.

L’Enfer de Mahaut Davenel : oh dog, je suis en adoration devant ce texte aux descriptions ciselées, à la fois poétiques et extrêmement dérangeantes. Un électrochoc, certes, mais j’en redemande ! (attention : âmes sensibles, s’abstenir : je ne plaisante pas).

Sacha de Pierre Brulhet : que se passe-t-il dans l’immeuble de cet inspecteur, et surtout chez cette vieille dame qu’on ne voit plus sortir ? La réponse est peut-être plus proche et plus ronronnante qu’on ne le pense… Un récit assez classique, selon moi, mais qui fait son petit effet.

Etincelle dans la nuit de David Elbe : au début, j’ai eu du mal à accrocher à l’histoire mais j’ai persévéré et je n’ai pas été déçue. La fin m’a beaucoup touchée, surtout le personnage du petit garçon.

Heil Kitler d’Aude Cenga : le titre vous dit tout : que se passerait-il si Hitler se réincarnait… en chaton ? Une dystopie parodique à l’humour désopilant !

Les chats du Tard de François Fieroboe : coup de coeur du recueil (pas très loin devant L’Enfer et Meow). Un journaliste décide de rédiger un ouvrage sur un petit village perdu mais qui retient l’attention à cause de la population impressionnante de chats qu’il abrite. J’adore les histoires dont l’intrigue s’appuie sur un usage ou un comportement insctinctif tellement banal qu’on ne se rend plus compte de son existence, un petit élément a priori insignifiant mais qui, s’il est déformé ou porté disparu, crée peu à peu l’angoisse dans le coeur du personnage principal… et du lecteur. Vraiment, bravo !

Cette anthologie regroupe des nouvelles écrites dans des styles très différents, ce qui fait qu’on ne s’ennuie pas et que tout le monde peut y trouver son compte (à part les amoureux des chats-chats mignons tout plein, peut-être). Premier livre que je lis aux éditions luciférines, et sans doute pas le dernier !

 

Merci Audrey ! =)